La parole aux acteurs : de février 1975 à novembre 1977

À l’hiver 1975, des Franco-Ontariens et Franco-Ontariennes lancent une campagne de désobéissance civile. La contestation est d’abord amorcée de façon isolée par Raymond DesRochers, à Ottawa, et par Lise Pellerin, à Sudbury. L’action individuelle se transforme pourtant en action collective à l’automne de la même année. Les germes de la contestation étaient présents depuis plusieurs mois chez les jeunes, et le retentissement des premiers emprisonnements à Sudbury et à Ottawa convainquent de fonder un mouvement plus structuré. De la grogne qui couvait, une forme de prise de parole collective émerge au sein de la jeunesse franco-ontarienne après la fondation du mouvement C’est l’temps!, dont les fondateurs ne manquent pas d’imagination pour attirer l’attention de l’opinion publique.

De septembre 1975 jusqu’aux mois de janvier et février 1976, le mouvement marque sa volonté de ne pas s’institutionnaliser, comme l’ont fait d’autres regroupements communautaires. Le mouvement doit demeurer flexible et ne pas répéter l’erreur des groupes déjà établis, considérés comme trop conciliants avec les gouvernements. De sa structure de fonctionnement résulteront l’originalité et les succès de la lutte de désobéissance civile qu’il entreprend, tout comme sa durée de vie limitée. Il ne s’agit pas d’une organisation ordinaire et officielle.