Les retombées du mouvement et la « suite du monde »

Dissolution d’un groupe de jeunes radicalisés : une fin temporaire

Le mouvement témoigne d’un nouveau radicalisme à l’époque. Revendiquer la justice sociale pour tous, surtout pour les francophones, n’est pas banal. Par contre, le mouvement C’est l’temps! n’a pas eu une longue vie. Malgré une activité intense comprenant des séjours en prison, des rencontres avec des ministres et des hauts fonctionnaires et une publicisation importante du mouvement, ce dernier s’essouffle à partir de l’été 1976. Il n’a jamais donné lieu à une organisation formelle.

Le 8 novembre 1977, Jacqueline Pelletier convoque une rencontre et interpelle les membres du mouvement au sujet de son avenir. Elle veut élucider la situation auprès des personnes présentes. Pour elle, il faut décider : « On agit ou on ferme boutique? Si on agit, à quel niveau? » La question se pose, ajoute-t-elle : « Y a-t-il lieu de poursuivre quoi que ce soit? Sur quelle base? Nous ne constituons pas vraiment un groupe – pourquoi insister? »

La dernière rencontre du mouvement C’est l’temps! a lieu le 28 novembre 1977. Après cette date, il n’y a plus de traces d’activités, de rencontres ou de présence médiatique concernant le mouvement.

Comment expliquer la dissolution rapide du mouvement? Comment le déclin rapide de la mobilisation nous renseigne-t-il sur le fonctionnement des mouvements d’indignation actuels?

 

Deux segments d'entrevue avec Lise-Andrée Payette (Denault) et Jacqueline Pelletier, deux membres fondatrices de C'est l'temps!, soulignent la fin abrupte du mouvement en 1977.

Segment #1 de Lise-Andrée Payette (Denault) :

« Je ne sais pas s’il y a eu un gros débat public sur ça, j’ai plus l’impression que l’idée a fait son chemin. […] L’idée a fait son chemin, tu sais, les gens ont continué à lutter [dans les années suivantes] pas nécessairement avec le mouvement C’est l’temps!, mais on était sur une lancée. Alors, je vois ça comme des briques, puis on a mis un peu des briques, là, sur la fondation de la francophonie […]. »

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Segment #2 de Jacqueline Pelletier :

 « Un moment donné, c’est mort de sa belle mort […] Il y a une certaine tristesse à ça, mais on commençait à avoir des gains. Alors on se disait : “On a fait ce qu’on avait à faire.” Faut pas oublier l’époque. C’était l’époque des mouvements, des communes, des happenings. On était dans cette mouvance-là, nous… »

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Documents d’archives

Procès-verbal et document afférent de la réunion du 8 novembre 1977 du Mouvement C’est l’temps!, 8 novembre 1975.  Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Mouvement C’est l’temps (C23), C23/2/4.

vidéos d’archives

Vidéo

Dans cet extrait vidéo, la journaliste Marie-Élisabeth Brunet recontre Jacqueline Pelletier, Raymond Desrochers, André Cloutier (président de L'ACFO, 1982-1984) et Gérard Lévesque. 

SOCIÉTÉ RADIO-CANADA (producteur) et Jean Lalonde (réalisateur) (1984). C'est le temps de la désobéissance civile en Ontario français, Montréal : Société Radio-Canada.